Suite de la présentation

 

En 1937, je commandais un petit détachement de transmissions, installé à Valensole,Basses Alpes, aujourd'hui Alpes de Provence, lisais La voiture radio SFR était équipée d"un cadre pour la goniométrie, car j'étais là pour assurer la formation au pilotage sans visibilité, aux pilotes de différentes bases aériennes. J'avais appris la goniométrie en 1935 lors d'un stage à FNC, station civile assurant le guidage des avions de lignes. et avais obtenu le brevet supérieur de mécanicien radio. Fin 1937, je rentrais à Nancy, Je m'occupais surtout du dépannage des voitures SFR, Le camion ayant un émetteur alimenté par groupes électrogènes, et une remorque située à 100m et reliée par câbles au camion, où se trouvaient 3 récepteurs: 2 avec antennes réceptrices et un avec  cadre gonio. Puis vint la guerre.
 De nombreux  déplacements. J'étais en champagne avec un groupe de chasse;tous les jours il fallait ramener des avions à la gonio, car après des combats ils étaient perdus, le vol se situait à 8000m d'altitude. Ce sont ces vols qui donnèrent la solution des accidents des Blochs200; sur les avions de chasse des petites barres d'acier K14,maintenait des petits équipements : à -40° ces barres explosaient comme le verre sécurit, On se rappelle, les ailes des Bloch200, tenaient avec un boulon en K14. En Champagne, le premier soir je vis un commandant venir me voir,et me demander s'il pouvait rester pour voir le trafic gonio, après mon accord il se présenta : Antoine de Saint Exupéry. Il venait tous les soirs me tenir compagnie et causer avec moi. C'était un homme très simple et très agréable. Puis vint la débâcle et je me retrouvais affecté à la base de Lézignan Aude. En 1942 mise en congé d'armistice après le débarquement des alliés en Algérie. 1944 rappel sous les drapeaux , 1944 fin de la guerre, occupation en Allemagne à Meersburg am Bodensée, 1946 Mutation au CEAM de Mont de Marsan; octobre 1946 Je pris ma retraite
Quelques anecdotes:

 Début 1944,à Lézignan, 2 hommes se présentèrent un matin chez moi en disant  : M. Qui..... nous a indiqué votre adresse,sachant que vous pourriez nous dépanner. Nous sommes du maquis et avons une valise émetteur-récepteur parachutée par Londres qui est en panne. Ils me laissèrent le poste que je réussis à dépanner. Ils ne revinrent qu'à 17h30. L'un me dit: nous avons un message urgent à passer à Alger et nous ne connaissons pas le morse, comme vous étiez radio il faut nous le passer.
 Je passais donc le message d'une dizaines de groupes chiffrés de 5 lettres. Après accusé de réception,je me dépêchais de remballer,car le repérage gonio existait chez les occupants. En partant, ils me dirent: écoutez Londres: si vous entendez (....) aux messages personnels,le message aura été utile. J'ai bien entendu le message,et à la libération,un Commander anglais assisté d'une interprète de VilleFranche de Rouergue demanda à me voir et vint lui-même me remercier pour le message envoyé qui était d'une grande importance. Mais je n'ai jamais su ce que j'avais transmis.

 

La guerre de 1914-1918 m' a laissé quelques souvenirs. En 1919, j'avais 7 ans ma Mère et moi sommes allés à Bar le Duc,voir ma grand'mère. Dans le train une Dame et 2 enfants étaient assis en face de nous. Les enfants couverts d'une pèlerine étaient très sages alors que j'étais très turbulent  ma mère dit :que j'aimerai que mon fils soit aussi sage, et moi dit la femme Je les préfèrerait comme le vôtre, et relevant les pèlerines je vis qu'ils n'avaient plus de mains droites, les Allemands les avaient coupés pour qu'ils ne soient pas soldats. Par la suite je compris pourquoi ma mère m' avait mis des robes jusqu'à la fin de la guerre.

 

J'avais 12 ans. Le jeudi (à l'époque, jour sans école), mon père me faisais bêcher notre champ situé au bord d'un ruisseau. Me reposant entre 2 sillons bêchés j'y vis une moule d'eau douce ouverte, et quelque chose briller à l'intérieur, c'était une perle. Ma fille la possède toujours

 

 Lorsque jètais à Valensole, un pays merveilleux, un crime vint troubler notre séjour. Etant militaire, nous avions à faire avec la gendarmerie, au maréchal des logis Crouzet, et au gendarme Puel,Tous deux trés aimables et sympathiques.
  Ils avaient arrêté un braconnier, qui fabriquait de la poudre à fusils (délit
trés important à l'époque). le procureur de Manosque avait décidé la mise en liberté provisoire. Lors d' un enterrement d'un notable ou j'assistait avec les 2 gendarmes, un coup de feu retentit et je vis les deux gendarmes s'affaissaient
 ils étaient morts. un deuxième coup de feu, et le braconniert s'était fait justice.
 Tout le village si tranquille d'habitude était en deuil.C'est un pénible souvenir.
 

 

 

 

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